Découvrir l’empathie avec ses enfants
19 avril 2021
L’École de la philanthropie et le CLAVIM
26 avril 2021
crédit : Fred Benaglia

crédit : Fred Benaglia

En février dernier, L’École de la philanthropie lançait sa première « Opération philanthropie » avec Le Petit Quotidien auprès des enfants de 6 à 10 ans. Le but ? Donner l’opportunité aux enfants de participer à une réflexion sur notre monde et les sensibiliser à la philanthropie autrement. Le défi lancé aux enfants était le suivant : « Imagine une action pour rendre le monde meilleur ». En plus de faire appel à leurs capacités de réflexion et d’analyse, les enfants devaient faire preuve de créativité, d’imagination et de talents graphiques puisque la réponse devait se faire sous forme d’une affiche, soit un dessin accompagné d’un slogan.

La date limite de participation était fixée au 15 mars 2021 et nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel ! Au bout d’un mois et demi, plus de 2 200 enfants ont participé en envoyant leurs dessins. Seul(e)s, en famille, avec leurs ami(e)s, en classe, en IME ou encore en hôpital de jour, ils nous ont fait part de leurs rêves, leurs préoccupations, leur monde idéal, leur vision d’une action efficace.

L’équipe de L’École de la philanthropie a découvert avec plaisir ces idées, parfois concrètes, parfois débordantes d’imagination ! Et même si l’ensemble des dessins étaient tous riches de sens, nous avons dû en sélectionner pour que le jury puisse nommer ses « coups de cœur », c’est-à-dire les affiches qui l’ont le plus touché. Pour faire ce choix, ont été étudiées la qualité du dessin, l’originalité de la proposition faite par l’enfant, la compréhension faite par l’enfant des enjeux liés à la cause qu’il a choisie et la présence d’un slogan pertinent. Aucun dessin n’est meilleur qu’un autre, tous ont des qualités. Les affiches ont ensuite été classées selon 5 catégories : créatif, drôle, esthétique, ingénieux et concret.

Un jury de choix a échangé le 15 avril autour de ces dessins : Serge Barbet (directeur délégué du Clémi), Fred Benaglia (illustrateur jeunesse et président du jury), Carole Boivineau (déléguée générale, Fondation Foujita), Wendy Bouchard (journaliste),  Axelle Davezac ( directrice générale de la Fondation de France), Michel Granger (artiste peintre), Firoz Ladak (directeur des Fondations Edmond de Rothschild), Sophie Marinopoulos, (psychologue), Jean-Pierre Pichaut (président d’Aide et Action) et Jérôme Saltet, co-fondateur des éditions Playbac et président de L’École de la philanthropie.

Découvrez les dix coups de cœur retenus par les membres du jury sur ce padlet : https://padlet.com/philanthropie/rcxfkzyyytwolkpp

Pour comprendre ce que ces dessins disaient des préoccupations des enfants et de leur vision du monde, nous avons posé 3 questions à Sophie Marinopoulos, membre du jury et psychanalyste fondatrice des lieux solidaires pour les familles « Les Pâtes au Beurre »: 

 

 

Quels sont les grands thèmes abordés et les types d’actions philanthropiques proposées par les enfants ?

Leur préoccupation est avant tout leur environnement, et celui-ci prend différents visages. Certains se focalisent sur l’environnement relationnel ou sur la nature à protéger, d’autres lui donnent une dimension culturelle plus large, témoignant de leur maturité. Mais dans tous les cas, il s’agit de gestes utiles pour un monde meilleur. Les enfants présentent une ouverture au monde dès la naissance et se construisent une maturité tournée vers l’extérieur qui s’affirme au fil des ans. Ces enfants âgés de 5 ans à 10 ans nous révèlent par ces dessins ce qui, dans notre monde, les touche et mobilise ces différents environnements , mais aussi comment ils s’y inscrivent en tant qu’acteurs et la manière dont ils tiennent à y prendre place. Leurs propositions allient esthétique, inventivité et ouverture d’esprit. 

A quoi ressemble le monde meilleur imaginé par les enfants ?

Les enfants ne parlent pas d’un monde « meilleur » mais du monde auquel leur enfance aspire. Ils veulent pouvoir être libres de vivre dans un monde juste qui est une valeur très importante de l’enfance. L’enfant est une personnalité altruiste et a besoin de s’assurer que chacun est bien dans sa vie. Ainsi, un monde dit « meilleur » par les adultes est à leur échelle un monde juste, c’est-à-dire qui produit de l’égalité dans l’éducation, le mode de vie, l’accès aux soins ou à l’enseignement. C’est un monde dans lequel ils attendent que les adultes prennent leurs responsabilités pour que notre planète ne soit pas pillée mais préservée et on voit tous les thèmes de l’écologie apparaître. Dans leur quête de justice, les enfants s’adressent à tout ce qui fait relation au vivant, ce qui les conduit dans leurs dessins à nous rappeler que notre planète est à leur yeux une entité vivante à respecter, à embellir et à protéger.   

Comment le contexte de crise transparaît-il dans les dessins des enfants ?

Ce qui ressort, c’est une souffrance individuelle qui impacte les relations sociales, familiales, conjugales dans lesquelles les enfants sont directement en contact. Leur famille est malmenée, bousculée, matériellement, psychologiquement, et si ces situations varient d’un foyer à l’autre, elles impactent leur quotidien d’enfant. Ces dessins nous relient directement aux travaux des professeurs en épidémiologie Kate Pickett et Richard Wilkinson qui nous rappellent que les sociétés du bien-être sont celles qui tendent vers la réduction drastique des inégalités. Ces enfants, dans leur sagesse graphique, sont une illustration de cette thèse.

Afin de remercier l’intégralité des participants, l’association leur fera parvenir courant mai une affiche créée par Fred Benaglia, parrain de l’opération, ainsi qu’un livre numérique rassemblant l’ensemble des participations des enfants ! Un grand merci aux participants pour avoir contribué à cette opération et pris le temps d’imaginer ensemble une action pour rendre le monde meilleur.

//]]>